Vendre à Paris cet automne : les acheteurs prennent leur temps, et c’est le prix de départ qui fait la différence

Balance ancienne en laiton posée sur un rebord de fenêtre en pierre, toits de Paris en arrière-plan

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Un vendeur qui met son appartement en vente cet automne, à Paris comme dans les Hauts-de-Seine, le constate vite : les visites ont lieu, les acheteurs sont sérieux, mais ils ne se décident plus en quelques jours. Ils comparent, reviennent, prennent le temps de réfléchir. Les chiffres publiés ces dernières semaines décrivent ce changement de rythme. Ils disent aussi ce qui permet de vendre dans un tel marché : un prix juste dès la mise en vente.

Plus de biens à vendre, mais pas davantage d’acheteurs

Selon un baromètre publié à la fin de septembre, le nombre de biens à vendre à Paris a augmenté de 15 % entre septembre 2025 et septembre 2026, alors que la demande n’a progressé que de 4 %. Sur la même période, le nombre de ventes recule de 3,8 % et le délai moyen pour vendre s’allonge de huit jours, à 84 jours. Les portails font le même constat : l’observatoire de Bien’ici mesure, au troisième trimestre, 22 % de contacts en moins sur les annonces de vente en France, même si Paris et l’Île-de-France résistent mieux que le reste du pays.

Plus d’offre que de demande, cela signifie plus de choix pour chaque acheteur. Il n’a plus de raison de se précipiter : s’il hésite, un appartement comparable se présentera dans les semaines qui suivent.

Les prix affichés tiennent, l’écart avec le prix signé se creuse

Ce changement de rapport de force se voit à peine dans les prix moyens. Au 1er octobre, MeilleursAgents estime le prix des appartements parisiens à 9 630 € le mètre carré, presque stable sur un an ; les 15e, 16e et 17e arrondissements affichent même de légères hausses sur douze mois. Les notaires du Grand Paris attendent 9 600 € le mètre carré en octobre d’après les avant-contrats, soit 0,5 % de moins qu’un an plus tôt. Pour situer un bien, nos pages prix immobilier par ville donnent les prix du 15e, du 16e et du 17e arrondissement, de Boulogne-Billancourt, de Neuilly-sur-Seine et de Levallois-Perret.

Le mouvement se joue ailleurs : entre le prix affiché et le prix signé. À Paris, la marge de négociation mesurée par ce même baromètre atteint 3,2 %, en légère hausse. De notre côté, nous voyons des vendeurs accepter des baisses de prix pour conclure.

Pourquoi les statistiques officielles racontent encore le printemps

Les chiffres des notaires paraissent rassurants. Ils sont exacts, mais ils décrivent le passé : ils comptent les ventes à la signature de l’acte définitif, environ trois mois après la promesse de vente. Les ventes de mai à juillet publiées début octobre correspondent donc à des promesses signées de février à avril, au meilleur moment de l’année. Nous l’écrivions à la rentrée : le premier trimestre a été excellent, et le marché s’est nettement ralenti à partir de juin. Les promesses de l’été et de cet automne n’apparaîtront dans les statistiques qu’au début de l’année prochaine.

Le crédit, principal frein des acheteurs

Les acheteurs ne prennent pas leur temps par désintérêt. Le taux moyen d’un crédit sur vingt ans atteint 3,81 % en Île-de-France en octobre (hors assurance, source Empruntis), et les montants de crédits immobiliers accordés ont reculé de 9,2 % sur un an au troisième trimestre, selon l’Observatoire Crédit Logement/CSA. Les banques sélectionnent davantage leurs dossiers, comme nous l’expliquions au début du mois. Chaque acheteur calcule donc au plus juste et compare chaque bien à tout ce que son budget lui permet ailleurs.

Ce que fait le vendeur qui vend

Dans ce marché, le prix de départ décide de presque tout. Un bien mis en vente au bon prix reçoit des visites dès les premières semaines, et la négociation reste limitée, de l’ordre de 2 à 3 %. Un bien surestimé reste en ligne, les acheteurs s’en méfient, et la négociation peut atteindre 15 %. La baisse que l’on refuse au départ, on finit souvent par la concéder, après des semaines perdues.

Fixer ce prix suppose de partir des ventes réellement signées, et non des annonces : le même immeuble, la même rue, des biens comparables. Il faut ensuite corriger selon l’étage et la lumière : dans un même immeuble avec ascenseur, l’écart atteint 15 à 25 %. Ces dernières semaines, nous le voyons à chaque visite : les acheteurs prennent leur temps, comparent et reviennent. Et des vendeurs finissent par accepter une baisse qu’un prix juste dès le départ leur aurait évitée.

C’est ainsi que nous préparons chaque mise en vente chez Ouest Avenue : un avis de valeur précis, gratuit et sans aucun engagement, établi à partir des ventes réelles de la rue, avant de fixer le prix affiché. Pour une première idée, vous pouvez commencer par notre estimation en ligne.

Deux questions que nous posent les vendeurs cet automne

Faut-il attendre le printemps pour vendre ?

Personne ne peut garantir que le printemps sera plus favorable : les taux de crédit restent élevés et l’offre devrait rester abondante. Un bien bien estimé se vend en toute saison ; attendre, c’est surtout prolonger les charges et repousser un projet sans certitude de vendre plus cher.

Mon appartement n’a reçu aucune offre en six semaines : est-il trop cher ?

C’est le signal le plus fréquent. Si les visites ont lieu mais qu’aucune offre ne suit, le prix se situe en général au-dessus de ce que les acheteurs voient ailleurs. Mieux vaut le revoir rapidement, à partir des ventes signées, que laisser l’annonce vieillir.

Sources : Laforêt, billet de tendances de septembre 2026 ; Observatoire Bien’ici, troisième trimestre 2026 ; MeilleursAgents, prix au 1er octobre 2026 ; Notaires du Grand Paris, conjoncture immobilière de mai à juillet 2026 ; Empruntis, baromètre régional d’octobre 2026 (taux moyen en Île-de-France, hors assurance) ; Observatoire Crédit Logement/CSA, troisième trimestre 2026 ; observations de l’agence Ouest Avenue.

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Christophe BERMANN

Article rédigé par

Christophe BERMANN — Fondateur de l’agence Ouest Avenue

Diplômé d'un Master en marketing, j'ai passé plus de 10 ans dans un grand groupe de presse nationale avant de fonder l'agence Ouest Avenue en 2012. Passionné par l'architecture parisienne, la photographie immobilière et les petites histoires cachées dans les rues de la capitale, j'ai voulu créer une structure à l'approche humaine et qualitative, dédiée à ceux qui cherchent un accompagnement sérieux et soigné pour vendre, acheter, faire gérer ou investir dans l'immobilier résidentiel, principalement dans l'Ouest parisien et les Hauts-de-Seine.

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