Rentrée 2026 : où en est vraiment le marché immobilier à Paris et dans les Hauts-de-Seine ?

Rentrée 2026 : le marché immobilier à Paris et dans les Hauts-de-Seine — rue de l’ouest parisien un matin de septembre

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Chaque rentrée apporte son lot de titres contradictoires sur l’immobilier : « chute spectaculaire des transactions » au début de l’été, « reprise » quelques semaines plus tard. Les chiffres publiés par les Notaires du Grand Paris le 8 septembre sont solides, mais ils ne disent pas tout. Pour comprendre où en est vraiment le marché à Paris et dans les Hauts-de-Seine, il faut les lire correctement, puis les confronter à ce que nous constatons chaque jour sur le terrain.

Ce que disent les notaires : des ventes en forte hausse au printemps

Au deuxième trimestre 2026, 31 750 logements anciens ont été vendus en Île-de-France, soit 10 % de plus qu’un an plus tôt. Paris fait mieux encore, avec des ventes en hausse de 20 % sur un an, et la petite couronne, dont font partie les Hauts-de-Seine, progresse de 11 %. Dans le même temps, les prix n’ont presque pas bougé : 9 520 € le mètre carré en moyenne à Paris pour les appartements, soit +0,1 % sur un an, et environ +1 % dans les Hauts-de-Seine.

Il y a toutefois un point que ces chiffres ne montrent pas : les notaires comptent les ventes au moment de l’acte définitif, c’est-à-dire environ trois mois après la signature de la promesse de vente. Les ventes enregistrées d’avril à juin correspondent donc, pour l’essentiel, aux accords conclus entre janvier et mars. Ce +20 % raconte le début d’année, pas l’été.

Ce que nous constatons sur le terrain : un net ralentissement depuis juin

Cette lecture correspond exactement à ce que nous avons vécu. Le premier trimestre 2026 a été excellent, avec un nombre d’offres acceptées que nous n’avions plus connu depuis longtemps ; ce sont ces ventes que les statistiques des notaires reflètent aujourd’hui. Puis, à partir du mois de juin, le rythme a nettement ralenti : moins de visites, moins d’offres, des acheteurs plus rares et plus hésitants. Juin, juillet et août ont été des mois difficiles, et la rentrée s’ouvre sur un marché prudent.

Il faut cependant garder la mesure. Cette année reste nettement meilleure que 2024, qui avait été catastrophique, et meilleure que 2025, qui marquait déjà un redressement. Les acheteurs n’ont pas disparu, ils sont simplement plus sélectifs et plus lents à se décider. Les notaires eux-mêmes décrivent un marché « toujours hésitant et très sensible à son environnement » : la situation politique nationale, les tensions internationales et la remontée des taux pèsent sur les décisions, en particulier pour les biens les plus chers.

Des prix stables, un marché à deux vitesses

Entre 2022 et 2024, la hausse brutale des taux de crédit a fait perdre aux ménages une part importante de leur capacité d’emprunt, et les prix ont fini par s’ajuster, de l’ordre de 10 % dans la plupart des arrondissements de l’ouest parisien et des communes voisines. Nos propres données, calculées à partir des ventes réellement enregistrées, le confirment : sur l’année 2025, le mètre carré moyen s’établit à 10 734 € à Neuilly-sur-Seine, 9 026 € à Levallois-Perret et 8 520 € à Boulogne-Billancourt ; dans le 15e arrondissement, il atteint 9 561 €, encore inférieur de plus de 10 % à son niveau d’il y a cinq ans.

Cet ajustement est aujourd’hui fait, et c’est ce qui a permis le retour des acheteurs en début d’année. Mais avec des taux autour de 3,4 % sur vingt ans, leur solvabilité ne laisse aucune marge pour une nouvelle hausse. Derrière une moyenne stable se cache donc un marché à deux vitesses : les appartements familiaux avec extérieur, en étage élevé, dans un immeuble bien tenu et avec une bonne étiquette énergétique se vendent vite et au prix ; les biens sombres, en rez-de-chaussée ou classés F et G au diagnostic de performance énergétique subissent une décote de plus en plus nette et attendent longtemps un acheteur.

Ce qui pourrait changer d’ici la fin de l’année

Le premier élément à surveiller est le crédit. La Banque centrale européenne a relevé ses taux directeurs le 10 septembre pour contenir une inflation repartie à 3,3 % dans la zone euro. Les taux immobiliers, autour de 3,28 % sur 15 ans, 3,40 % sur 20 ans et 3,50 % sur 25 ans début septembre, ont jusqu’ici été protégés par les banques, mais les courtiers anticipent une remontée de 0,3 à 0,5 point d’ici décembre. Sur un emprunt de 500 000 € sur vingt ans, un demi-point de plus représente environ 130 € de mensualité supplémentaire, soit plus de 20 000 € de capital empruntable en moins.

Le second est réglementaire. Le projet de loi « relance et décentralisation du logement », adopté par le Sénat en juillet, attend son examen à l’Assemblée nationale à partir du 1er octobre. Il prévoit des assouplissements pour la location des logements classés F et G, mais rien n’est applicable tant que la loi n’est pas votée : les propriétaires bailleurs doivent continuer à raisonner avec le calendrier en vigueur.

Ce que cela signifie pour vous

Si vous vendez, le marché reste actif mais il ne pardonne plus la surestimation. Les acheteurs sont moins nombreux qu’au printemps, comparent davantage et se décident vite uniquement lorsque le prix est juste. Un bien affiché 10 % au-dessus de sa valeur ne se vend pas, il vieillit, et finit par se négocier en dessous de ce qu’il aurait obtenu au départ. Le bon prix dès la mise en vente, appuyé sur les ventes réelles du quartier, est aujourd’hui le premier facteur de réussite.

Si vous achetez, la période est plutôt favorable : moins de concurrence qu’en début d’année, des prix stables et des vendeurs plus à l’écoute. En revanche, la remontée annoncée des taux joue contre vous, et sécuriser son financement maintenant, avant que les banques n’ajustent leurs barèmes, est une décision raisonnable.

Chez Ouest Avenue, nous suivons ces évolutions au plus près, commune par commune et quartier par quartier. Nos pages de prix pour les vingt arrondissements de Paris et les trente-cinq communes des Hauts-de-Seine vous permettent de situer votre bien ou votre projet dans son marché, et une estimation avec l’un de nos conseillers reste le moyen le plus sûr de partir du bon prix.

Trois questions que se posent vendeurs et acheteurs cet automne

Pourquoi les notaires annoncent-ils +20 % de ventes alors que le marché ralentit ?

Parce que les notaires comptent les ventes à l’acte définitif, signé environ trois mois après la promesse de vente. Les ventes du deuxième trimestre 2026 reflètent donc les accords conclus au premier trimestre, qui a été excellent. Le ralentissement constaté depuis juin n’apparaîtra dans les statistiques qu’à l’automne.

Est-ce le bon moment pour vendre son appartement dans l’ouest parisien ?

Oui, à condition de fixer dès le départ un prix cohérent avec les ventes réelles du quartier. Les acheteurs sont plus rares et plus sélectifs qu’au printemps, mais ils sont toujours là et se décident vite sur un bien de qualité au bon prix. Un bien surestimé se vend plus tard et souvent moins cher.

Quel est l’impact d’une hausse des taux de 0,5 point sur un achat ?

Pour un emprunt de 500 000 € sur vingt ans, passer de 3,40 % à 3,90 % augmente la mensualité d’environ 130 €. À mensualité égale, le capital empruntable recule de plus de 20 000 €. C’est pourquoi il est prudent de sécuriser son financement avant que les banques n’ajustent leurs barèmes.

Sources : Notaires du Grand Paris, conjoncture immobilière en Île-de-France au 2e trimestre 2026 (8 septembre 2026) et de mars à mai 2026 (30 juillet 2026) ; Meilleurtaux, analyse des taux de septembre 2026 ; Banque centrale européenne, décision du 10 septembre 2026 ; dossier législatif du Sénat, projet de loi de relance et de décentralisation du logement ; données DVF (DGFiP/Etalab) retraitées par Ouest Avenue, ventes 2025 ; observations de l’agence Ouest Avenue, janvier-septembre 2026.

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Christophe BERMANN

Article rédigé par

Christophe BERMANN — Fondateur de l’agence Ouest Avenue

Diplômé d'un Master en marketing, j'ai passé plus de 10 ans dans un grand groupe de presse nationale avant de fonder l'agence Ouest Avenue en 2012. Passionné par l'architecture parisienne, la photographie immobilière et les petites histoires cachées dans les rues de la capitale, j'ai voulu créer une structure à l'approche humaine et qualitative, dédiée à ceux qui cherchent un accompagnement sérieux et soigné pour vendre, acheter, faire gérer ou investir dans l'immobilier résidentiel, principalement dans l'Ouest parisien et les Hauts-de-Seine.

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