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Entre l’avenue de Clichy et la rue de la Jonquière, une grille s’ouvre sur une allée pavée, bordée de murets, de piliers de pierre et de jardins. Nous sommes dans le 17e arrondissement, au cœur du quartier des Épinettes, et l’on se croirait pourtant dans une petite ville de province. Ce n’est pas le hasard d’une rue oubliée par les promoteurs : c’est l’effet d’un règlement écrit en 1847, que les propriétaires respectent encore. Et ce règlement se lit aujourd’hui jusque dans les prix.
1847 : deux propriétaires dessinent une rue
En 1847, le secteur n’est pas encore Paris. Au-delà du mur des Fermiers généraux, les terrains appartiennent à la commune des Batignolles-Monceau, qui se couvre de lotissements à mesure que Paris déborde. Deux propriétaires fonciers réunissent leurs terrains et y ouvrent une voie privée d’environ 320 mètres. Ils vendent les parcelles une à une, à une condition : chaque acheteur s’engage à respecter un règlement commun.
Un règlement qui impose des jardins
Le texte est précis. Les façades doivent rester alignées, le nombre d’étages est limité, la hauteur des murs mitoyens est fixée, et chaque maison doit avoir son jardin, planté d’au moins trois arbres. Sur l’allée, des murets bas surmontés de grilles, ponctués de piliers de pierre, laissent voir les jardins sans les ouvrir.
Le résultat se lit d’un bout à l’autre de la cité : des maisons de ville et de petits hôtels particuliers d’une hauteur comparable, tous en retrait derrière leur jardin, comme si le lotissement venait d’être achevé. Là où les rues voisines se sont couvertes d’immeubles de rapport, la Cité des Fleurs a gardé son échelle d’origine.

1860 : la cité entre dans Paris, et reste privée
Le 1er janvier 1860, l’annexion des communes limitrophes fait entrer les Batignolles dans Paris. La Cité des Fleurs devient une voie du 17e arrondissement, dans le quartier des Épinettes. Elle garde pourtant son statut de voie privée, fermée par des portails à ses deux extrémités. Le public y est admis à pied, en journée, aux horaires affichés aux entrées.

18 mai 1944, au numéro 25
Pendant l’Occupation, la maison du numéro 25 abrite le service de faux papiers d’un mouvement de Résistance, le MLN. Le 18 mai 1944, la Gestapo y arrête ses principaux responsables. Colette Heilbronner est exécutée sur place ; six de ses camarades meurent en déportation. Une plaque, fixée sur la grille, rappelle leurs noms.

Et aujourd’hui, combien vaut un appartement dans la Cité des Fleurs ?
Les ventes y sont rares : une quinzaine d’appartements en cinq ans, d’après les données publiques des ventes immobilières. Leur prix médian se situe autour de 12 500 € le m², la moitié d’entre elles entre 11 500 et 13 300 €. Dans un rayon de 200 mètres autour de la cité, le prix médian est d’environ 9 700 € le m², et d’environ 10 800 € pour l’ensemble du 17e sur la même période. À quelques pas de distance, la cité se vend donc près de 30 % plus cher que les rues qui l’entourent.
Ce n’est pas une surprise. En immobilier, la première règle reste l’emplacement, et l’emplacement se joue parfois à l’échelle d’une rue : le calme d’une voie privée, les jardins, l’unité d’un ensemble protégé par son propre règlement sont des qualités que les acheteurs paient, et qu’ils ne retrouvent pas dans la rue voisine. Notre page consacrée aux prix dans le 17e arrondissement détaille ses quatre quartiers, et notre article sur les Épinettes raconte le reste du quartier. Si vous possédez un appartement ou une maison dans la cité ou autour, une estimation fondée sur les ventes réelles de votre rue est le bon point de départ : Ouest Avenue la propose gratuitement et sans engagement.
Trois questions sur la Cité des Fleurs
La Cité des Fleurs est-elle ouverte au public ?
C’est une voie privée, accessible aux piétons en journée par l’avenue de Clichy et par la rue de la Jonquière. Les horaires sont affichés aux entrées.
Pourquoi chaque maison de la Cité des Fleurs a-t-elle un jardin ?
Parce que le règlement établi à la création du lotissement, en 1847, impose à chaque propriétaire un jardin planté d’au moins trois arbres, ainsi que l’alignement des façades et une hauteur limitée. Il est toujours respecté.
Quel est le prix au mètre carré dans la Cité des Fleurs ?
Autour de 12 500 € le m² en prix médian, sur une quinzaine de ventes d’appartements en cinq ans, contre environ 9 700 € dans un rayon de 200 mètres. Le faible nombre de ventes en fait un ordre de grandeur : un avis de valeur sur place reste nécessaire pour un bien précis.
Sources : Wikipédia, « Cité des Fleurs » ; French Moments, « Cité des Fleurs Paris » ; Paris Zigzag ; Office du tourisme et des congrès de Paris (parisjetaime.com) ; plaque commémorative du 25, Cité des Fleurs ; données DVF géolocalisées (DGFiP/Etalab, data.gouv.fr), ventes 2021-2025, retraitées par Ouest Avenue.
Et aujourd’hui, combien vaut un appartement ici ?
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Article rédigé par
Christophe BERMANN — Fondateur de l’agence Ouest Avenue
Diplômé d'un Master en marketing, j'ai passé plus de 10 ans dans un grand groupe de presse nationale avant de fonder l'agence Ouest Avenue en 2012. Passionné par l'architecture parisienne, la photographie immobilière et les petites histoires cachées dans les rues de la capitale, j'ai voulu créer une structure à l'approche humaine et qualitative, dédiée à ceux qui cherchent un accompagnement sérieux et soigné pour vendre, acheter, faire gérer ou investir dans l'immobilier résidentiel, principalement dans l'Ouest parisien et les Hauts-de-Seine.