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Boulogne-Billancourt s’est construite en plusieurs temps, et chacun de ses quartiers en garde la trace. Au nord, entre le bois de Boulogne, la Seine et la porte de Saint-Cloud, les deux quartiers que la mairie nomme Parchamp-Albert Kahn et Les Princes-Marmottan racontent la partie la plus ancienne de cette histoire : le village d’origine, la villégiature du XIXe siècle, puis l’architecture des années 1930. Trois noms la résument : un banquier, un collectionneur et un parc de chasse. Et cette histoire explique encore une bonne part de ce que l’on y achète et de ce que l’on y vend aujourd’hui.
Parchamp : le village d’origine
Tout Boulogne est né ici. En 1319, Philippe le Bel fait bâtir une église de pèlerinage, Notre-Dame-de-Boulogne, à l’image de celle de Boulogne-sur-Mer, au milieu du hameau des Menus. Le village prend le nom de Boulogne-sur-Seine et vit pendant des siècles de ses lavoirs, de ses vignes et de sa proximité avec le château de Saint-Cloud. Le quartier du Parchamp, autour de l’église, du parc Rothschild et de la rue de l’Ancienne-Mairie, garde encore ce parcellaire irrégulier de bourg ancien, avec ses rues courbes et ses maisons de ville, à l’opposé du plan orthogonal de Billancourt.

Albert Kahn : quatre hectares de jardins et les Archives de la Planète
En 1892, un jeune banquier alsacien, Albert Kahn, loue une propriété au 6 quai du Quatre-Septembre, face à la Seine. Il l’achète en 1895 et, avec le paysagiste Achille Duchêne, compose sur quatre hectares un jardin qui est une carte du monde : jardin français, verger, jardin anglais, village et jardin japonais, forêt bleue, forêt dorée, forêt vosgienne en souvenir de son enfance. De 1909 à 1931, il finance les Archives de la Planète, une campagne photographique sans équivalent : 72 000 autochromes et une centaine d’heures de film dans une soixantaine de pays, pour montrer aux hommes qu’ils se ressemblent. La crise de 1929 le ruine ; ses biens sont saisis entre 1932 et 1934, le département de la Seine rachète jardins et collections en 1936 et ouvre le parc au public dès 1937. Kahn meurt à Boulogne en juin 1940, dans sa maison, ruiné. Le musée départemental Albert-Kahn, entièrement rénové, est aujourd’hui l’un des lieux les plus visités des Hauts-de-Seine, et il a donné son nom à tout le quartier.

Marmottan : une bibliothèque de l’Empire
À quelques centaines de mètres, place Denfert-Rochereau, un autre héritier fait de Boulogne un lieu de collection. Paul Marmottan, fils d’un industriel des houillères, historien et collectionneur, y installe sa bibliothèque et ses collections consacrées au Premier Empire : quelque 25 000 volumes, des tableaux, des meubles, la plus grande bibliothèque napoléonienne d’Europe. À sa mort en 1932, il lègue l’ensemble à l’Académie des beaux-arts, comme son hôtel parisien de la rue Louis-Boilly deviendra le musée Marmottan-Monet. La villa Marmottan, en partie inscrite aux monuments historiques en 1984, a été rénovée et rouverte en 2024 avec des salles d’exposition, un auditorium et des ateliers d’artistes.

Les Princes-Marmottan : du parc de chasse aux années 1930
Le nom du quartier Les Princes-Marmottan associe la bibliothèque de Paul Marmottan au Parc des Princes, l’ancien domaine de chasse réservé aux princes du sang aux portes du bois de Boulogne, dont le stade a hérité le nom en 1897. Le quartier qui s’étend au sud de ce parc, entre la route de la Reine, l’avenue Victor-Hugo et la porte de Saint-Cloud, est loti à la fin du XIXe siècle et au début du XXe. C’est là que Boulogne devient, dans l’entre-deux-guerres, la « ville des années 30 » : Le Corbusier construit la maison Cook rue Denfert-Rochereau en 1926, Robert Mallet-Stevens la villa Collinet juste à côté, les ateliers d’artistes se multiplient, et des immeubles de brique et de pierre à balcons arrondis remplacent les dernières maisons de campagne. Plus au sud, dans le quartier Centre-Ville, l’hôtel de ville de Tony Garnier, inauguré en 1934, est le monument phare de cette période. Le quartier Les Princes-Marmottan conserve aujourd’hui ce mélange de villas, d’hôtels particuliers, d’ateliers et d’immeubles bourgeois, à cinq minutes à pied du bois et du 16e arrondissement.
Ce que valent ces deux quartiers aujourd’hui
Sur l’ensemble des ventes enregistrées depuis 2018, ce sont les deux quartiers de la commune où le prix moyen au mètre carré est le plus élevé : autour de 9 500 € à Parchamp-Albert Kahn et de 9 400 € aux Princes-Marmottan, pour une moyenne communale de 8 520 € sur l’année 2025. Chaque quartier de Boulogne a son marché et ses atouts ; celui-ci se caractérise par un bâti ancien, une forte présence d’espaces verts et la proximité immédiate de Paris.
Ce que recherchent les acheteurs dans ces deux quartiers tient en quelques mots : le bois de Boulogne et les jardins, les écoles, des immeubles anciens avec de vrais appartements familiaux, et la proximité du 16e arrondissement à un prix inférieur. En visite, ce sont les immeubles des années 1930 qui retiennent l’attention : hauteurs sous plafond correctes, parquet, balcons, souvent un ascenseur ajouté, une architecture reconnaissable. Les villas et maisons de ville, rares, se vendent hors marché ; les appartements en rez-de-chaussée ou sur cour, en revanche, s’y négocient comme ailleurs. Notre page consacrée aux prix à Boulogne-Billancourt détaille les six quartiers officiels de la ville et leur évolution.
Et aujourd’hui, combien vaut un appartement ici ?
Entre les jardins d’Albert Kahn, la bibliothèque de Paul Marmottan et les immeubles des années 1930 des Princes-Marmottan, ces deux quartiers ont gardé une bonne part de ce qui les caractérisait il y a un siècle. Si vous y possédez un appartement ou une maison, une estimation appuyée sur les ventes réelles de votre rue, et non sur la moyenne de la commune, est le bon point de départ : dans ces quartiers, l’écart entre deux immeubles voisins peut dépasser celui entre deux quartiers.
Trois questions sur le nord de Boulogne-Billancourt
Quels sont les quartiers du nord de Boulogne-Billancourt ?
La mairie distingue Parchamp-Albert Kahn, autour de l’église Notre-Dame et des jardins Albert-Kahn, et Les Princes-Marmottan, entre le Parc des Princes, la route de la Reine et la porte de Saint-Cloud.
D’où vient le nom du quartier Les Princes-Marmottan ?
Du Parc des Princes, ancien domaine de chasse des princes du sang aux portes du bois de Boulogne, et de Paul Marmottan, dont la bibliothèque et la villa se trouvent place Denfert-Rochereau.
Quel est le prix au mètre carré dans ces deux quartiers ?
Autour de 9 500 € à Parchamp-Albert Kahn et de 9 400 € aux Princes-Marmottan sur les ventes enregistrées depuis 2018, pour une moyenne communale de 8 520 € en 2025. Ce niveau tient au bâti ancien, aux espaces verts et à la proximité du 16e arrondissement.
Sources : Wikipédia, « Albert Kahn (banquier) », « Bibliothèque Marmottan », « Boulogne-Billancourt » ; Département des Hauts-de-Seine, musée Albert-Kahn ; Académie des beaux-arts, bibliothèque et villa Marmottan ; Ville de Boulogne-Billancourt, découpage officiel en six quartiers (Grand Paris Seine Ouest) ; données DVF (DGFiP/Etalab) retraitées par Ouest Avenue, ventes 2018-2025.
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Article rédigé par
Christophe BERMANN — Fondateur de l’agence Ouest Avenue
Diplômé d'un Master en marketing, j'ai passé plus de 10 ans dans un grand groupe de presse nationale avant de fonder l'agence Ouest Avenue en 2012. Passionné par l'architecture parisienne, la photographie immobilière et les petites histoires cachées dans les rues de la capitale, j'ai voulu créer une structure à l'approche humaine et qualitative, dédiée à ceux qui cherchent un accompagnement sérieux et soigné pour vendre, acheter, faire gérer ou investir dans l'immobilier résidentiel, principalement dans l'Ouest parisien et les Hauts-de-Seine.