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À Boulogne-Billancourt, on dit « aller à la mairie » comme on dirait « aller au centre ». Ce n’est pas un hasard. Le grand bâtiment clair de l’avenue André-Morizet a été placé là, au milieu de la commune, par un maire qui voulait faire de deux villes une seule. Inauguré en 1934, dessiné par Tony Garnier, il est devenu le symbole des années 30 boulonnaises. Son histoire explique aussi une bonne part du visage du quartier Centre-Ville tel que les acheteurs le découvrent aujourd’hui.
Quatre mairies, toutes du côté de Boulogne
Avant 1934, la commune a déjà changé quatre fois de maison commune. Après la Révolution, le conseil municipal se réunit dans le presbytère ; il s’installe Grande-Rue en 1813, revient au presbytère en 1825, loue en 1845 un hôtel particulier, puis inaugure en 1880 un bâtiment neuf rue de Billancourt, à l’emplacement de l’actuel square Léon-Blum. Toutes ces adresses ont un point commun : elles se trouvent au nord, dans le vieux Boulogne.
Or, au début du XXe siècle, la ville a changé de centre de gravité. Les usines Renault, nées à Billancourt à la toute fin du XIXe siècle, ont attiré des dizaines de milliers d’ouvriers, et la population approche 90 000 habitants. Dans les années 1920, la commune prend d’ailleurs officiellement le nom de Boulogne-Billancourt. La mairie de 1880, une villa entourée d’un jardin, ne suffit plus.

André Morizet veut une « usine municipale »
Élu maire en 1919, André Morizet cherche une mairie à la mesure de cette ville nouvelle. En 1925, une délégation d’élus visite l’hôtel communal de Schaerbeek, près de Bruxelles, et revient marquée par son grand hall de guichets. Morizet veut une « usine municipale » où chaque habitant trouve tous les services au même endroit.
Fin 1925, il confie le projet à l’architecte lyonnais Tony Garnier, auteur de la Cité industrielle, avec des consignes simples : de l’air, de la lumière, et le pratique avant le décor. Surtout, il choisit le terrain : une ancienne carrière à l’angle des rues Gallieni et Paul-Bert, au centre géographique de la commune, à mi-chemin entre Boulogne et Billancourt. La mairie ne sera plus celle d’un quartier, mais celle de toute la ville.
Des plans repris sans cesse, et un hall de verre
Le premier projet date de 1926. Le maire juge le hall trop petit, et les plans sont repris à de nombreuses reprises avant le projet définitif, voté par le conseil municipal en 1931. Tony Garnier ne peut pas diriger lui-même le chantier : c’est Jacques Debat-Ponsan, architecte et beau-frère du maire, qui le conduit de décembre 1931 à 1934.
Le bâtiment réunit deux volumes de béton armé accolés. À l’avant, côté avenue, la salle du conseil et les salons de réception, derrière une façade claire et symétrique, rythmée de grandes baies et ouverte par une marquise incurvée. À l’arrière se trouve le cœur du projet : le hall des guichets, long d’environ 65 mètres, éclairé par des verrières zénithales et entouré sur trois niveaux de galeries suspendues qui desservent directement les bureaux. Les ateliers de Jean Prouvé, alors jeune ferronnier de Nancy, réalisent les rampes, les cloisons et la porte d’entrée.

Un monument des années 30 au cœur de la ville
Inauguré en 1934 par André Morizet, le cinquième hôtel de ville de la commune devient aussitôt le point de repère du quartier. En face, l’hôtel des Postes de Charles Giroud lui répond ; tout près, la station Marcel Sembat relie le centre de Boulogne au métro parisien. L’avenue qui le dessert porte aujourd’hui le nom du maire qui l’a voulu.
Ses façades et toitures sont inscrites au titre des monuments historiques depuis 1975, et le bâtiment a reçu le label « Patrimoine du XXe siècle ». Il reste un lieu de passage quotidien : on y vient pour un passeport ou un mariage, sous la même verrière qu’en 1934. Autour de lui, le quartier que la Ville appelle aujourd’hui Centre-Ville mêle immeubles de l’entre-deux-guerres, constructions plus récentes, commerces et équipements publics.

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Trois questions sur l’hôtel de ville de Boulogne-Billancourt
Qui a construit l’hôtel de ville de Boulogne-Billancourt ?
L’architecte lyonnais Tony Garnier, à la demande du maire André Morizet. Le chantier, de 1931 à 1934, a été dirigé par l’architecte Jacques Debat-Ponsan ; les ateliers de Jean Prouvé ont réalisé les rampes, les cloisons et la porte d’entrée.
Pourquoi l’hôtel de ville est-il avenue André-Morizet ?
Parce que le maire a voulu le placer au centre géographique de la commune, entre Boulogne et Billancourt, alors que les quatre mairies précédentes se trouvaient toutes du côté de Boulogne. L’avenue porte aujourd’hui son nom.
Peut-on visiter l’hôtel de ville ?
Le hall des guichets est ouvert au public aux heures d’ouverture des services municipaux. Des visites guidées sont aussi proposées lors des Journées européennes du patrimoine.
Sources : Wikipédia, « Hôtel de ville de Boulogne-Billancourt » ; Région Île-de-France, « L’hôtel de ville de Boulogne-Billancourt » ; base Mérimée (POP), PA00088077 ; Archiphotos, « L’hôtel de ville de Boulogne-Billancourt a 90 ans » ; données DVF (DGFiP/Etalab) retraitées par Ouest Avenue, ventes du premier semestre 2026.
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Article rédigé par
Christophe BERMANN — Fondateur de l’agence Ouest Avenue
Diplômé d'un Master en marketing, j'ai passé plus de 10 ans dans un grand groupe de presse nationale avant de fonder l'agence Ouest Avenue en 2012. Passionné par l'architecture parisienne, la photographie immobilière et les petites histoires cachées dans les rues de la capitale, j'ai voulu créer une structure à l'approche humaine et qualitative, dédiée à ceux qui cherchent un accompagnement sérieux et soigné pour vendre, acheter, faire gérer ou investir dans l'immobilier résidentiel, principalement dans l'Ouest parisien et les Hauts-de-Seine.